jeudi 24 mai 2012

Hakamas in Sudan

latest publication in IL (Italia) - may 2012, dernière parution dans IL (Italie), mai 2012

           Depuis son indépendance en 1956, le Soudan a connu deux longues guerres civiles enracinées dans la domination économique, politique et sociale d’un Nord musulman « industrialisé » sur un Sud chrétien, animiste et moins développé. Le second conflit débuté en 1983 se conclut en Janvier 2005. Plus de deux décennies de combats émaillés de famines firent, selon les estimations, deux millions de morts, quatre millions de déplacés et auréolent ce conflit du triste record de plus longue guerre civile d’Afrique.
Un de ses théâtres fut la région des Monts Nuba, dans l’Etat du Sud Kordofan, centre géographique du pays, dans les frontières politiques du Nord Soudan. Des Baggara (vache en arabe), pasteurs nomades « arabes », putatifs descendants de tribus chassées d’Al-Andalus, l’Espagne islamique, par la Reconquista partagent ce territoire avec les Nubas, peuples sédentaires indigènes « noirs » et « africains ».
Juillet 1985, les combats débutèrent dans les Monts Nuba, suite à un raid de la rébellion sudiste sur un camp Baggara. Pris au dépourvu, le gouvernement soudanais arma les tribus arabes locales, créant deux ans plus tard la milice des Forces de Défense Populaire (FDP). Les Baggara dépossédés, bercés par la promesse de compenser en spoliant les Nubas, la perte de leurs pâturages dû à l’expansion de l’agriculture mécanisée favorisée par le gouvernement soudanais, se muèrent en avant-garde nordiste.
Dans la société rurale du Kordofan, l’heure des Hakamas sonnait à nouveau. Transmettant croyances et valeurs des Baggara au moyen de chansons inventives qu’elles composent, ces femmes d’influence respectées des hommes et des chefs traditionnels, occupent une position unique dans la société patrilinéaire soudanaise. Menant une existence de paysanne en temps de paix, la guerre révèle leur pouvoir. Visage découvert, attitude de défi, elles adjurent les hommes à la bravoure, à l’honneur, stigmatisent les lâches, louent la victoire, mère de toute gloire.

jeudi 3 mai 2012

Mai disant


1er Mai. Roulant depuis la place Denfert-Rochereau, les clameurs de la manifestation du Front de Gauche effleurent les tombes du cimetière Montparnasse et meurent en vagues éphémères, sur le cénotaphe de Baudelaire. "Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux, Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux..." Aucun risque que la Maréchale Pétain se dresse d'outre tombe, le point dressé ou le nez pincé. Gainsbourg goguenard sourit de mon attente d'un nouveau départ africain."Aucun Boeing sur mon transit, Aucun bateau sur mon transat, Je cherche en vain la porte exacte, Je cherche en vain le mot exit..." Après avoir tant pensé et écrit sur la photographie et la douleur des autres, Susan Sontag, à l'ombre des érables et des tilleuls gît dans sa tombe nue. J'y pose un caillou. Mourir à New York et traverser post-mortem l'Atlantique pour accompagner l'éternité à Paris. Encore quelques jours et la pulsation présidentielle prend fin. Alors François, Buzz l'Eclair nous entraînera vers l'infini et au-delà, à moins que Nicolas, sombre oracle, demeure, sauvé par la peur des orages qu'il nous promet.


lundi 2 avril 2012

le nom de la Rose


Et Machin a dit que Bidule est comme-ci, et Bidule affirme que l'Autre vaut indéniablement guère mieux que rien, et Truc soutiendra-t-il Chose au second tour, et Plongeon passera-t-elle la mi-course, et Trucmuche de souffler sur les braises pour allumer un feu auquel Machinchose se brûlera s'il n'y prend garde. Et des meetings, et des voyages, et des colliers de fleurs, et des émissions télés, et des interviews... Ce samedi, une pause, une césure, une rupture, une vraie. Errance au Musée du Moyen âge, ses images composées, ses objets suintant le symbole, ses tapisseries qui ont révolutionné la représentation du monde invisible et craint. Dehors la campagne électorale s'époumone mais ne parvient pas à traverser les épais murs de Cluny, et c'est tant mieux !

mardi 11 octobre 2011

Un dromadaire sur l'épaule

Mardi 4 Octobre 2011, j'ai été l' invité de l'émission de la Radio Suisse Romande "Un dromadaire sur l'épaule", dont le thème était la condition des travailleurs subsahariens en Libye, sujet que j'ai documenté au printemps dernier, paru dans le Monde Magazine.
Pour écouter ou télécharger l'émission (en français), merci de suivre le lien ci-dessous et de choisir dans le calendrier la date du 4 octobre. Bonne écoute !
http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/un-dromadaire-sur-l-epaule/

dimanche 28 août 2011

Prêtre pour l'Humanité

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POM produit pour le journal La Croix - for La Croix newspaper

jeudi 26 mai 2011

Survivre à la haute mer/Surviving the High Seas

La Méditerranée n'est plus une mer mais une rude frontière.
The Mediterranean is no longer a sea but a harsh border.


Des milliers de personnes, principalement venues d'Afrique subsaharienne prennent la mer sur des bateaux surchargés, vétustes et prenant l'eau, pour échapper à la guerre dans leur pays d'adoption : la Lybie. Leur destination est l'île Italienne de villégiature de Lampedusa à 600 kilomètres au nord de la Libye, perdue en Méditerranée. Beaucoup de passagers arrivent traumatisés et épuisés par le voyage de plusieurs jours en haute mer. D’autres meurent en route.
Un migrant ivoirien décrit ainsi sa vie à Tripoli, avant son départ : " Il n'y avait pas de paix. Des coups de feu claquaient dans tous les coins. Puis les bombardements de l'OTAN ont commencé. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers, la nuit, pour leur voler leur argent, leur téléphone portable, tout ce qu'ils avaient... Il n'y avait pas moyen de rester là-bas avec eux. Il valait mieux fuir."
UNHCR estime
qu'une personne sur 10 meurt durant la traversée depuis la Libye. Les corps qui s'échouent sur les rives de l'île sont enterrés avec simplicité dans le cimetière de Lampedusa.


Thousand of people, mainly sub-Saharan Africans, are taking to the sea in ancient, leaky and overcrowded boats to escape war in their adopted homeland. Libya. The destination of choice is the Italian resort island of Lampedusa, some 600 kilometers north of Libya in the Mediterranean. Many of the passengers arrive traumatized and exhausted from the high seas journey. Others perish en route.
One Ivorian migrant describes life in Tripoli before leaving: "There was no peace. There was rifle fire everywhere. Then NATO started to bomb. We had nothing to eat. Some Libyans started to attack strangers at night, to steal your money, your mobile, whatever you have... No way to stay there with them. Better to flee."
UNHCR estimates that one in 10 people die during the sea journey from Libya. Those bodies which wash ashore get a simple burial in Lampedusa's cemetery.